Nous sommes des immigrés par Florence Pinon

Je suis une migrante. Enfin, plus maintenant. Maintenant que je suis installée, je suis une immigrée. Et encore… pas tout à fait. Parce que je suis blanche, européenne, que je ne fuis pas un pays en guerre et parce que j’ai un peu d’argent, on préfère dire de moi, de nous, que nous sommes des expatriés. J’en ai eu la confirmation sur Google. Les immigrés génèrent ces images dramatiques de migrants fuyant un drame, de bateaux surchargés sur le point de chavirer, de personnes trimballant un sac plastique pour valise, d’autant plus précieuse qu’elle renferme tous leurs biens. Le mot expatrié, lui, propose des images d’hommes ou de femmes d’affaire entre autres images du monde ou de famille heureuse. Pourtant dans le Larousse, la réalité est différente. La définition d’immigrés est simple : entrer de manière temporaire ou définitive dans un pays dont on n’a pas la nationalité tandis qu’un expatrié désigne un professionnel hautement qualifié s’établissant à l’étranger pour des raisons professionnelles. Nous sommes donc des immigrés. Nous avons fait le choix de quitter un pays qui ne nous permettait pas de nous épanouir comme nous le voulions pour aller essayer ailleurs. Ce choix était réfléchi, mais il était nôtre. Aujourd’hui, nous nous sommes établis au Quebec, Canada. Ce pays qui accepte les ressortissants étrangers sous hautes conditions, nous a gentiment accordé un permis de travail mais pour 3 ans. Ensuite, à nous de décider de faire une demande de résidence permanente ou bien de quitter le pays. Il nous a donné ce visa en même temps qu’il donnait 20 000 visas à des syriens quittant leur pays en...

La fois où mon monde s’est écroulé par Ariane Gagnon

On est le 5 décembre 2016. Je suis enceinte de 18 semaines de mon deuxième bébé. On est à un rendez-vous de routine pour le bébé. Tout va bien, le médecin nous dit ce qu’il en est. Mais, c’est plus long que d’habitude. Il aborde les résultats de ma prise de sang, mais les résultats ne sont pas normaux. Sur le rapport, les techniciens ont inscrit “risque accru de conséquences obstétricales indésirables”. Donc mon chum et moi, pleins d’interrogations, nous retournons vers le médecin, demandant quelques spécifications. Et là, ses mots nous rentrent dedans comme un truck full load : “Tu risques d’accoucher d’un bébé mort-né, ou de mourir en accouchant de ton bébé. Mais inquiétez-vous pas, on va aller en expertise.” Les mots me ravagent. Je n’entends plus rien. Je ne respire plus. Je suis ailleurs. Mon petit bébé, ce parfait petit bébé que je construis depuis 18 longues semaines, ne va peut-être jamais me rencontrer. Mon monde s’est écroulé. J’ai mal, si mal. Il est toujours bien en vie, dans mon ventre, et pourtant, j’ai l’impression de le perdre. Le jour-même, on appelle en expertise pour avoir un rendez-vous. Au téléphone, une réceptionniste avec beaucoup-trop-peu de compassion m’envoie presque balader. Moi et mon petit cœur, déjà trop fragiles, n’en pouvons plus. On flanche et on pleure. La dame se met à m’écouter plus attentivement et m’offre un rendez-vous. J’arrête de pleurer, je raccroche. Mon chum entre dans la pièce, je l’informe du rendez-vous. Trop  fragile, je m’effondre. Je pleure toutes les larmes de mon corps, et lui, tout autant détruit que moi, ravale les siennes pour essuyer...

U.S. Customs. Ou comment j’ai failli mourir de peur 3 fois par Florence Pinon

– On a combien de temps de route ? – 2h si tout va bien… Le “si tout va bien” concerne principalement une inconnue et une grosse : le passage à la douane américaine. C’est le début de nos vacances. On a réussi à mettre tout ce qu’on emporte dans les voitures et c’est pas rien ! Ce soir, on a rendez vous à la marina de Plattsburgh pour 18h. Le catamaran est réservé et il ne partira pas sans nous mais si on arrive trop tard, il ne partira pas du tout et passer notre première nuit au port, personne n’en a envie ! On a eu de la chance, le camping car était prêt pour 13h. Entre la “formation” pour l’utilisation de la bête et son chargement, il était déjà 14h passés. Les cocos (et nous aussi, il faut bien l’admettre) hurlaient famine, alors un arrêt rapide au Subway nous a encore pris 1h et à 15h on était sur la route. Nous avons donc 2h de route devant nous, pas de bouchons en vue mais cette grosse question qui nous taraude : combien de temps à la douane ?? Nous, notre petite famille de nous 4, y sommes déjà passés en février de l’année dernière pour aller passer un long week-end (ou une petite semaine, c’est selon…) à New York pour mes 30 ans (hiiiiiiii !!). Pour les canadiens, c’est pas compliqué, ils ne s’arrêtent même pas. Fenêtre ouverte, passeport tendu, merci, bye et c’est réglé. Mais pour les français, haha, c’est une autre histoire ! La douane est à mi chemin de notre route, ça...

Pourquoi je préfère me battre 24/7 que de survivre au 9 à 5 par Bedaine Urbaine

En juin dernier, j’ai fait le grand saut de l’entreprenariat. Ouep, un grand saut dans le vide avec comme seul filet mon entreprise et ma famille. Après 4 merveilleuses années à travailler pour un patron devenu ami au sein d’une équipe incroyable à réaliser un travail que j’adorais, en plus de contribuer à la plus grande chaîne de solidarité québecoise, j’ai tiré ma révérence. J’ai eu peur. J’ai eu la chienne comme on dit. Mais vous savez quoi ? Bien que mes «amillègues» me manquent terriblement, je pense encore à ce jour que j’ai pris la meilleure décision de ma vie… Juste ce matin, Jacob-Olivier et moi avons pris le temps de prendre le temps. Vous, parents, comprendrez sûrement ce cadeau de la vie qui est de réveiller doucement son enfant avec des chatouilles et des bisous. Ce que c’est que de déjeuner ensemble, assis, avec un petit déjeuner chaud comme les jours de week-end. Avoir le temps de répéter 30 fois d’aller se brosser les dents. Oups, non, ça ce n’est pas une chose agréable, mais quand on a le temps, ça devient moins frustrant. #riennestparfait Dans ma vie tout va vite : je parle vite, je marche vite, je réagis (trop) vite… Mais depuis mon nouveau rôle de mamentrepreneure, la vie a pris un autre rythme. Je valse maintenant sur un rythme reggae qui donne un air de vacances à toutes les journées de la semaine. Mon Jake avait déjà contribué à ralentir mon tempo, à gérer mieux mon agenda et à prendre le temps. Un auteur avait écrit dans son livre : Soyez un enfant de 4 ans :...

Le jour où ma vie s’est arrêtée par Florence Pinon

– Moi veux train tchoutchou ! Tu ne dis jamais juste « train ». Toujours train tchoutchou. Comme pour être bien sûre qu’on sache de quoi tu parles. Du haut de tes 2 ans, tu baragouines, tu t’essaies à dire tout plein de mots, alors là tu t’es trouvée une bonne technique pour être sûre de te faire comprendre, ma chouette. C’est comme le chien wouf wouf ou l’oiseau ki ki. On n’a pas droit au chat miaou. On a le lion reuh, on a la vache meuh…(et le poussin piou) Presque toute la panoplie mais pas le chat. Peut être parce que tu le dis bien celui-là, nul besoin d’en rajouter. Toujours est il que ce jour là tu voulais monter dans le train tchoutchou. On était à Bromont et c’était le Symposium d’Arts Visuels de Bromont. Un nom bien pompeux pour dire qu’une centaine d’artistes est venue exposer et (espérer) vendre quelques unes de ses œuvres. Dont mon homme. (Sork93, si vous vous posez la question. Il a une page Facebook. Juste en passant.) On est donc venus voir papa faire sa peinture. Mais il faut faire attention, ne pas toucher. Ne pas abîmer. Mais la peinture ça donne envie d’y mettre les doigts et d’apporter sa touche personnelle ! Hein ma cocotte… Alors en voyant le train passer une fois, puis deux, ça n’a pas loupé, vous étiez tannés de rester là : – Moi veux train tchoutchou ! Ce n’est pas un train bien évidemment, c’est un vieux tracteur décoré qui tire 2 remorques sur lesquelles on a mis des sièges mais les enfants adorent...

Faire manger des légumes (des vrais) aux enfants ! par Florence Pinon

C’est tout un challenge… Il y a quelques semaines de cela, nous nous sommes rendus, en famille, à une demonstration de produits. Une grosse compagnie qui fait tout plein de produits différents. Ça va des soins du corps aux produits pour les sportifs en passant par la gamme amaigrissement et le maquillage. Leur crème pour les mains a sauvé les miennes de l’hiver d’ailleurs. Bref. Toujours est il que ce jour là, était posée sur la table, une boîte. Une boîte de poudre de légumes. Littéralement. J’ai regardé la composition, elle était plutôt saine. Pas d’ajout de quelque sorte : juste une quinzaine de légumes et autant de fruits réduits en une poudre verte et en plus, ca sentait (vraiment) mauvais. J’ai demandé pourquoi ? Quelle est l’utilité de ce truc ?? Il parait que c’est pour faire manger des légumes aux enfants. Tu saupoudres ça sur ses spaghettis et… magie ! Ton petit bout a mangé des légumes ! Vraiment ? On va donc leur faire aimer les légumes et leur apprendre à se nourrir correctement en leur donnant… de la poudre ?? Alors… Qu’il y ait des enfants réfractaires à tout ce qui est vert, ça je le conçois. Mais de là à leur faire manger de la poudre ?!?! (Oui, je sais, le choc a été grand…) À la maison, j’ai deux cocos. Un grand de 6 ans et une loupiote de 2 ans. Comme tous les enfants, dès qu’ils voient un truc vert dans leur assiette, ils font la tronche. Et ça pose problème parce qu’on en mange BEAUCOUP. Des trucs verts. Sans oublier qu’on a retiré la viande de notre alimentation...

Faire manger des légumes (des vrais) aux enfants ! par Florence Pinon

C’est tout un challenge… Il y a quelques semaines de cela, nous nous sommes rendus, en famille, à une demonstration de produits. Une grosse compagnie qui fait tout plein de produits différents. Ça va des soins du corps aux produits pour les sportifs en passant par la gamme amaigrissement et le maquillage. Leur crème pour les mains a sauvé les miennes de l’hiver d’ailleurs. Bref. Toujours est il que ce jour là, était posée sur la table, une boîte. Une boîte de poudre de légumes. Littéralement. J’ai regardé la composition, elle était plutôt saine. Pas d’ajout de quelque sorte : juste une quinzaine de légumes et autant de fruits réduits en une poudre verte et en plus, ca sentait (vraiment) mauvais. J’ai demandé pourquoi ? Quelle est l’utilité de ce truc ?? Il parait que c’est pour faire manger des légumes aux enfants. Tu saupoudres ça sur ses spaghettis et… magie ! Ton petit bout a mangé des légumes ! Vraiment ? On va donc leur faire aimer les légumes et leur apprendre à se nourrir correctement en leur donnant… de la poudre ?? Alors… Qu’il y ait des enfants réfractaires à tout ce qui est vert, ça je le conçois. Mais de là à leur faire manger de la poudre ?!?! (Oui, je sais, le choc a été grand…) À la maison, j’ai deux cocos. Un grand de 6 ans et une loupiote de 2 ans. Comme tous les enfants, dès qu’ils voient un truc vert dans leur assiette, ils font la tronche. Et ça pose problème parce qu’on en mange BEAUCOUP. Des trucs verts. Sans oublier qu’on a retiré la viande de notre alimentation...

L’entraînement au dodo n’est pas obligatoire par Bedaine Urbaine.

Grâce à l’ère des médias sociaux, nous avons maintenant la chance et la malchance de lire en temps réel ce que les gens disent de nous. Comme le champ d’activité de Bedaine Urbaine est l’entraînement au dodo, il n’est pas rare de voir notre nom apparaître sur différents blogues sur le sommeil des enfants. L’entraînement au dodo est un sujet encore délicat pour certains parents, et nous nous faisons un devoir et une obligation de respecter l’opinion des parents qui ne veulent pas apprendre à leurs enfants à s’endormir de cette façon et qui préfèrent suivre le rythme naturel de leur enfant. Et vous savez quoi ? Tout le monde a raison… Non, vous n’êtes pas obligé de le faire. Oui, votre enfant dormira un jour. Et une chose est certaine, si vous n’êtes pas convaincus à 100% de la méthode utilisée, vos chances de réussite sont NULLES. Ceci dit, il y a des TopTop Parents pour qui l’entraînement au dodo semble être la seule solution, même s’ils préféraient faire du co-dodo pour toute la vie. Si vous êtes épuisés, à bout de nerfs, incapables de vous concentrer au travail ou qu’il vous est impossible de penser sortir en amoureux, car la seule idée d’une soirée romantique serait une nuit complète, Bedaine Urbaine vous explique pourquoi l’entraînement au dodo ne fait pas de vous un parent indigne… 1- Votre enfant a le droit d’avoir les meilleurs parents au monde, et ceux-ci sont en forme et reposés. Si vous manquez de patience et êtes toujours en train de crier, vous manquez, vous aussi, de sommeil. Être parent est beaucoup plus...

Ceinture blanche, barre jaune et vilaine angoisse par Florence Pinon

Aujourd’hui, tu n’as pas voulu y aller. Tu as fait un blocage, tu étais tétanisé. Malgré mes mots doux, malgré les encouragements de ton papa, malgré les mots rassurants de ton professeur, tu n’as pas voulu y aller. Pas tant que ton père ne t’avais pas enlevé ta ceinture. Ta belle ceinture blanche avec la barre jaune. Cette barre jaune que tu as gagnée la semaine passée, que tu as montrée fièrement à tout le monde, y compris à la famille outre atlantique ! Tu t’es entraîné si fort, tu as montré de la persévérance pour réussir chaque technique, chaque coup, pour te souvenir de chaque nom, tu ne t’es pas laissé abattre, tu ne t’es pas découragé. À chaque échec, je te voyais te fermer un instant puis revenir me voir : Je suis prêt maman ! On s’est entraînés tous les deux jusqu’au jour J pour que tu puisse passer ton examen sereinement. Bon, serein, tu ne l’étais pas vraiment, tu étais même stressé jusqu’aux os mon grand coco. Mais tu étais concentré, je ne t’ai pas lâché des yeux, j’ai vu ton petit visage fermé, tes sourcils froncés, sans rien oublier tu as tout donné mon amour. Puis tu as rejoint le groupe pour finir ton entraînement avec tout le monde. Shadow closing, straight lead, snapping toe kick, et tous les autres coups de pieds. Exactement le contenu de ton examen ! Je t’ai vu te relaxer et en profiter. Enfin, à la fin de la classe, Gabriel a annoncé une nouvelle réussite aujourd’hui. Il a appelé ton nom, tu t’es levé sous les applaudissements, tu...

Une histoire d’arc-en-ciel par Jamie Noël

Pour les photos de fête de ses 1 an, mon fils va avoir un œil au beurre noir. Un gros. Avec un dégradé de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Il est tombé dans le bain-et-là-je-me-justifie-tout-de-suite-en-nommant-que-c’est-son-papa-qui-lui-donnait-son-bain-et-pas-moi-comme-si-ça-changeait-quelque-chose. C’était un accident, ça arrive. J’ai vécu l’évènement normalement, comme n’importe quelle maman moindrement anxieuse l’aurait vécu avec son premier bébé. J’ai feint que je savais que c’était correct mais j’ai quand même appelé le 811 en cachette et le lendemain, je suis allée à la clinique en disant que je soupçonnais une troisième otite et j’ai nonchalamment mentionné l’accident de la veille qui était déjà plus qu’apparent. C’était ben correct qu’il a dit en d’autres mots le médecin. Mais il avait quand même une otite. Damn. J’ai ensuite su que ça ne me stressait plus quand je me suis remise à angoisser sur la récente fin de mon RQAP et l’attente de la place de mon fils au CPE qui retardait mon retour au travail, plutôt qu’avec la potentielle commotion cérébrale de mon bébé. Tout était enfin redevenu à la normale. Tellement, que j’en ai oublié l’air battu de mon fiston et que j’ai décidé d’aller au centre d’achats essayer l’espace de motricité gratuite pour poupons. Gratuite tant que la machine qui te fait payer n’est pas réparée m’a expliqué la madame. Nice. J’adore les machines « scraps » qui chargent rien. Il y avait déjà une grand-maman qui était là avec son troisième. C’est ça qu’elle avait dit à la madame qui surveillait les poussettes et les sacoches. Je la trouvais cute de venir avec son petit-fils, jusqu’à ce qu’elle se couche sur le...