Mon petit homme, demain tu auras un an. 365 jours à s’apprivoiser, à s’aimer, à rire et à pleurer. Une année vite passée dans une intensité que seul un parent peut comprendre.

Je me souviens de chaque détail de ta naissance comme si c’était hier, mais en même temps, ça me semble si loin. Bien éveillée, couchée sur le lit d’hôpital, je sentais tes derniers coups dans mon ventre, alors que j’entendais des bébés respirer leur premier souffle. Papa dormait, il ronflait même. Moi, j’avais peur, mon mini. Peur de ne pas t’aimer, peur de ne pas être à la hauteur. On m’a toujours dit que j’étais bonne avec les enfants, mais là c’était différent, tu allais être mon bébé à moi.

Après de longues heures de poussées, tu as fait ton entrée dans le monde, dans notre monde à papa et moi. Papa pleurait, il était heureux. Je ne l’ai jamais vu ainsi, mon petit homme. Moi, derrière tant d’effort physique, j’étais comme un auteur qui souffre du syndrome de la page blanche. On me disait de te regarder, mais aucune émotion ne se manifestait en moi. C’est une chanson que tu connaissais bien qui nous a unis, la chanson que je t’ai chantée durant tes 9 mois de gestation. Dans toute ta fragilité, tu t’es blotti contre moi, alors que tes pleurs ont cessé les miens ont commencé. Comment est-ce que j’ai pu croire un instant que je n’allais pas t’aimer. Sans doute la peur du nouveau, car décrire à quel point je t’aime c’est juste impossible.

Je revois tes premiers mois de vie en boucle dans ma tête. Devenir parents, ça ne vient pas avec un manuel d’instruction. Si seulement papa et moi avions su ce qui nous attendait… De la salade de pâte en pleine nuit, j’en ai mangé! Des bols de fruits préparés aux petites heures du matin, papa en a fait et refait! Quand j’y pense, je nous trouve drôles.

À l’aube de ton premier anniversaire, malgré toute la nostalgie qui m’envahit, je suis fière, fière de papa et moi. Oui mon mini, tu ris parce qu’on en fait des folies pour entendre cette douce mélodie. Tu manges, parce qu’on a essayé et réessayé de nombreuses recettes pour t’offrir le meilleur. Tu parles, parce que depuis ta naissance, on te dit tout. (Merci d’avoir choisi maman comme premier mot, tu ne sais pas à quel point ça me rend heureuse.) Tu marches parce qu’on t’a encouragé encore et encore. Tu dors presque, parce que là mon bébé, on a travaillé fort. En 365 jours, papa et moi t’avons enseigné les bases de la vie, mais sans le savoir, toi tu nous a appris ce qu’est la vie.

Alors que je t’écris ce petit mot, tu dors sur moi comme chaque sieste depuis ton premier jour vie. Il faut dire que les dodos, ça n’a jamais été ta force, mais tu sais quoi, c’est correct avec moi. Être maman pour la première fois, ça n’arrive qu’une seule fois. Je le sais que je n’aurai pas ce privilège avec ton frère ou ta soeur. Le nez collé sur ta petite tête, je tente d’humer l’odeur de tes cheveux. Elle est disparue, cette odeur unique que les nourrissons dégagent. Disparue avec tes petits gestes de mains que tu posais lorsque je t’allaitais et disparue avec tes hoquets qui te surprenaient à tout moment. Mon mini, je réalise un peu plus chaque jour que tu grandis, que tu t’éloignes de plus en plus d’être mon tout petit bébé.

On m’avait dit que j’allais comprendre plusieurs choses lorsque j’allais devenir maman. Le matin de ta naissance, j’étais loin de me douter qu’on peut avoir mal tellement on aime, qu’on s’habitue à dormir en bloc de deux heures, mais surtout qu’un si petit être peut nous apporter un aussi grand bonheur.

Joyeux premier anniversaire mon petit homme!